Qui étaient nos ancêtres ?

Nos ancêtres, qui se comptent par milliers, étaient souvent très variés.

Très variés géographiquement et socialement.

 

Géographiquement, tout dépend des cas et des époques. L’enfant né aujourd’hui dans une maternité de la région parisienne peut avoir ses quatre grands-parents nés sur quatre continents différents, alors qu’un fils de cultivateurs, né dans un village du Poitou ou de Franche-Comté en 1910, avait souvent ses 8 arrière grands-parents tous paysans et tous nés dans le même village. De son côté, un homme né à Paris en 1860 pouvait n’avoir aucun de ses quatre grands-parents nés dans la capitale, pour être au contraire nés dans quatre régions différentes.

 

Socialement, les familles n’ayant pas cessé de connaître des hauts et des bas, ces ancêtres se retrouveront volontiers dispersés à travers la pyramide sociale. La maxime de La Bruyère, selon laquelle « tout homme descend à la fois d’un roi et d’un pendu », se vérifie à tout instant, sinon à la lettre, du moins dans son principe. Aux côtés de journaliers, il n’est pas rare de trouver un notaire, un châtelain, un petit noble, descendant lui-même, généralement par les femmes, d’une famille plus importante…

 

On peut néanmoins dire que, dans leur immense majorité (souvent 98 à 99 %), nos ancêtres étaient des ruraux.

Mieux : nos généalogies contiennent plus de ruraux que n’en comptait la France d’Ancien régime, où ils représentaient environ 80 % de la population.

Cela tient au fait que les villes ont longtemps servi de régulateur démographique en absorbant le trop plein démographique des campagnes (mais les gens étaient longs à s’y intégrer, ne parvenaient souvent pas à se marier ou se mariait tard et avaient en général moins d’enfants).

 

Essentiellement ruraux, nos ancêtres étaient surtout des paysans, mais aussi des croyants. C'est là un aspect essentiel pour comprendre le monde de nos aïeux et leurs mentalités : ils étaient véritablement « pétris » de religion. La religion expliquait et conditionnait tous leurs gestes et comportements (mariages, testaments…). Le fameux tableau de l’Angélus, de Millet, suffit à lui seul à les représenter (couple paysan au travail priant, avec village à l’arrière plan…).

 

Pour aller plus loin,  on peut dire que l’ancêtre-type, incarnant le « Français moyen d’Ancien régime » est le laboureur, propriétaire non pas du sol, mais des instruments d’exploitation (charrue, attelage le plus souvent de bœufs), profession dont la dénomination a parfois varié selon les lieux. De près ou de loin 99 Français sur 100 descendent directement d’un laboureur !

 

Voir à ce sujet Qui étaient nos ancêtres ? par Jean-Louis Beaucarnot.