La Généalogie est avant tout une passion. Une passion contagieuse. La « généalogite chronique aigüe » ne cesse de se répandre depuis plusieurs années, faisant des adeptes par dizaines et centaines de milliers.
Elle doit certes son succès à des causes psycho-sociologiques, mais aussi à ses atouts propres, en ce qu’elle tient à la fois :

Mais la généalogie doit aussi son succès au fait qu’elle est la nouvelle expression de la vieille passion des Français pour l’Histoire, en ce qu’ils délaissent celle des grands (ducs, princes, maréchaux, cardinaux…) pour s’intéresser à celle des « petits et sans grades », de ces humbles qu’étudient désormais les nouveaux historiens dans leur quotidien, avec pour modèles les paysans du Montaillou d’Emmanuel Le Roy-Ladurie ou le sabotier du Perche du fameux ouvrage d’Alain Corbin Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot (Flammarion, 1998).
En travaillant sur leurs ancêtres, les Français en viennent rapidement à travailler sur les archives et à utiliser les matériaux qui sont donc ceux de l’historien. Ainsi ils en arrivent souvent, par la généalogie, à faire véritablement œuvre d’historien.
La généalogie permet par ailleurs à l’homme de réaliser son vieux rêve d’explorer les couloirs du temps, garantissant à nos contemporains, de plus en plus blasés, les émotions de la recherche, la saveur des archives authentiques et, en allant frapper, via ces archives, à la porte de leurs ancêtres paysans de la Restauration ou du XVIIIe siècle, un dépaysement sans doute plus fort et plus total que celui qu'il pourra trouver sur le bord bétonné de la piscine d’eau de mer d’un cinq étoiles des Seychelles.