Histoire des noms de famille : principes de base

Pour comprendre le sens et l’histoire des noms de famille, il faut bien avoir présent à l’esprit les règles qui ont présidé à leur dégagement :

  • ces surnoms n’ont pas été choisis par nos ancêtres, mais leur ont été attribués par leurs voisins, et ont été, de ce fait, volontiers emprunts d’ironie.

Le sens figuré risque donc toujours de l’emporter : Lelièvre put ainsi tout aussi bien surnommer l’homme à grandes oreilles que celui courant vite, ou encore, par dérision, un homme très lent… ?

  • destinés à être compris de tous, ces surnoms ont surtout retenu les traits particuliers et distinctifs, faisant surnommer Legrand l’homme le plus grand du village ou Leblanc, non pas tant l’homme aux cheveux blancs que celui les ayant eu fort jeune,
  • nés du langage parlé, ces surnoms se sont dégagés dans les langues, dialectes et patois parlés à cette époque. C’est pour cela que connaître l’origine géographique d’un nom est essentiel si l’on veut tenter d’en comprendre le sens,
  • longtemps sujets à variations, ces surnoms se sont parfois fixés tardivement,
  • les noms de famille n’ont jamais eu d’orthographe, et ce en gros jusqu’à la création des livrets de famille (vers 1890) et même, en fait, jusqu’à la généralisation de l’alphabétisation, au début du XXe siècle. Il en résulte que, deux frères ont fort bien pu voir leur nom orthographié différemment sur leur acte de naissance (Dupont et Dupond, Després et Déprez…), comme il arrivera fréquemment au généalogiste de voir un même nom de famille orthographié de trois façons différentes dans le corps d’un même ancien acte de mariage ou de naissance. On ne saurait, dès lors, s’attarder davantage à des questions de particules.
  • de même, un surnom né voici huit siècle ne saurait induire d’hérédité. Un homme roux nommé aujourd’hui Leroux, s’il  doit bien son nom à un lointain ancêtre roux ne saurait lui devoir ses cheveux.